Le livre ouvert : Remembrances ACCUEIL


Christian Talbot Publications
Le copain Jean.

Jean Rosier : combien de fois mon père m’en a-t-il parlé pour me dire leurs frasques ! Et puis, un jour, j’ai proposé de l’emmener faire un tour à Bonnat. Je me souviens que le projet devait se concrétiser un 15 juillet, surlendemain de l’anniversaire de Glenn-Maël, mon jeune fils, que nous avons pris l’habitude de souhaiter à Souesmes du fait des vacances.
Sautant sur l’occasion, mon père me dit : « On pourrait en profiter pour déjeuner avec mon copain Jean ? Ils habitent à Guéret : 21 km, il peut sûrement les faire ! » Sitôt dit, sitôt fait : je m’empare du carnet d’adresses et commence à chercher à la lettre “R”. Mais là, aucun Rosier dans le répertoire. Je m’en inquiète, pensant à un oubli, ce qui eût été surprenant de la part de ma mère qui tenait à jour le dit carnet et veillait scrupuleusement à y inscrire les relations de son mari, plus encore que de sa propre famille.
« Non, non, me dit mon père, il faut chercher à Labesse, Jean Labesse ! » J’ai su par la suite que Jean n’avait aucun lien de parenté avec Sylvain, l’époux de la tante Maria.
« Mais, protestai-je, tu l’as toujours désigné sous le nom de “Rosier”, non ?
— C’est exact, m’expliqua-t-il. Au village, tout le monde les appelait “les Rosier”, du fait que sa mère avait été désignée “rosière” quand elle était jeune … »
Pas de tremblements, mais quelque stupeur, je l’avoue.